BIOGALENE
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Psychologies
d'avril 2010
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Dans le milieu de la Bio – celui de la terre, de l’humus, des  semences – s’occuper de cosmétique peut paraître assezfutile. C’est vrai quand la cosmétique nous renvoie à ces images de femmes et d’hommes très apprêtés, pomponnés, presque rutilants, de certains milieux huppés où apparence
et statut se rejoignent… Mais la cosmétique, c’est autre chose, et en tout cas une affaire trop sérieuse pour s’abandonner aux seuls adeptes du bling-bling, et à leur insatiablespourvoyeurs, les industriels de la beauté et du marketing.

Nature et Progrès– Sep/Oct.2009 N°74

Nos basiques achats de savons, shampoings et autres dentifrices nous transforment tous ,inévitablement , en consommateurs de cosmétiques. Or, contrairement à ce que laisse entendre la législation, ces produits-là peuvent avoir un impact sur notre santé et sur l’environnement ? Personne n’en est plus dupe : est-ce la raison de l’engouement récent du public pour la cosmétique biologique ?
Contrairement aux médicaments qui doivent passer par les fourches caudines de l’Autorisation de Mise sur le Marché (AAM) pour arriver dans les pharmacies – et, c’est le moins - , les cosmétiques n’ont pas à respecter toutes ces formalités pour parvenir jusqu’à nos salles de bain. Censément, leurs effets s’arrêtent aux frontières de notre épiderme, d’où la légèreté avec laquelle la législation les traite. Ca, c’est dans le principe. A l’ instar du nuage de Tchernobyl on sait ce qu’il en est de la réalité…
Ainsi, même si loi l’a décrété, notre peau n’est pas la barrière étanche. Fort heureusement, elle respire par tous les pores, de sorte que chaque matière entrant en contact avec elle provoque un échange entraînant, à l’un ou l’autre bout du processus, une réaction !
Le fait d’avoir voulu ignorer ce dialogue d’une substance avec notre peau d’abord, puis avec notre organisme ensuite, est typique du monde des apparences si cher aux occidentaux et de la vision réductrice conventionnelle dans laquelle baigne notre industrieuse société. En poussant la caricature, notre peau se retrouve un peu traitée, par l’industrie cosmétique, comme le sol par l’agro-industrie ; il était temps de voir débarquer l’ère biologique avec sa vision globale !!
Concernant l’usage des produits chimiques de synthèse, le parallèle est frappant : dans ces deux secteurs, tout a été fait et n ‘importe quoi, sans aucune expertise sérieuse des conséquences pour notre santé et celle de la terre…
D’ailleurs, sur les quelques 100 000 substances (1) chimiques utilisées dans l’industrie, une infime partie (3% !) a fait l’objet d’une évaluation digne de ce nom. Si le règlement REACH (2), en application depuis mai 2007, tente péniblement d’endiguer le déferlement de toutes ces molécules nocives et d’encadrer leur remplacement progressif, n’importe quel toxico chimiste vous dira que l’une des plus grave conséquences de cette invasion réside dans l’effet cocktail – inconnu et absolument pas maîtrisable – de ces substances entre elles. Vaste et impossible chantier !
En attendant, côté cosmétiques, c’est surréaliste : « Une goutte de diethylhexylphtalate, une once de nonylphénol, un peu  d’hydrocarbure aromatique polycyclique et un soupçon de musc synthétique » … cet inquiétant recueil de produits (voir encadré) figure en introduction du guide Cosmétox de Greenpeace (3), par qui le scandale de la cosmétique empoisonnée éclata début 2005, avec le lancement de l’enquête « Parfum de scandale » révélant la nocivité de certaines eaux de toilette parmi les plus réputées (4). Aujourd’hui encore, Cosmetox reste une lecture très instructive pour bien cerner de que l’on peut ou non mettre sur notre peau … Ce guide pointe utilement les grands du secteur qui ne veulent pas modifier leurs toxiques pratiques. Il invite aussi les consommateurs ) écrire aux firmes pour signaler leur mécontentement concernant la présence de produits nuisibles dans leurs lotions, crèmes et laits de toilette préférés.
L’initiative pousse semble-t-il les industriels à être plus attentifs, sûrement pas par altruisme mais plutôt parce que le marché de la cosmétique, malgré le temps de crise, est florissant et donc sensible pour ne pas dire chatouilleux.
Petite devinette : 110,3 Milliards d’€, que représente ce chiffre ? Oui, c’est à peu près le Produit National Brut (BNP) du Soudan et de ses 40 Millions d’habitants… mais là n’est pas le propos. Pour en revenir à notre sujet c »est le poids du marché mondial de la cosmétique (5), dont l’Europe à hauteur de 60 Milliards. Cela laisse rêveur, surtout que ce chiffre est une estimation qui ne comptabilise pas… le savon ! Or, le numéro 1 mondial de la cosmétique est français, il s »agit de l’Oréal dont le chiffre d’affaires annuel est se monte à quelque 17 Milliards d’€ (6) . Si la face biologique du secteur ne concerne que 2 % de ce marché, les appétits se précisent quand on apprend que cette niche croît en Europe d’environ de 30 à 40 % par an depuis ces dernières années…
La cosmétique naturelle et biologique a le vent en poupe. C’est une bonne raison pour garder un œil vigilant sur les bornes pratiques de ceux qui s’en revendiquent…

Notes :
1 – 100 196 substances existantes selon l’EINECS, l’European Inventory of Existing Chemical Substances Sources Afset, Juillet 2006.
2 – REACH : Euregistrement évaluation et autorisation des produits chimiques – en anglais - :Registration, evaluation and autorisation of chemicals (REACH)
3 – Guide Cosmetox, Greenpeace 2007, téléchargement sur leur site : www.greenpeace.org
4 – 10 fév 2005 : Greenpeace rend publique l’étude « Parfum de scandale » sur la composition chimique de 36 eaux de toilette et parfums de marque. Tous contiennent des phtalates et des muscs de synthèse. Auparavant, en 2001, Rita Stiens avait « préparé le terrain » en publiant « La vérité sur les cosmétiques » chez J.M.Laffont.
5 – Hors savons, dentifrices et rasoirs, 2008. Source : Estimations l’Oréal en prix fabricant.
6 – Source l’Oréal. Document « Présentation du Groupe »/faits et chiffres.
7 – Etude Eurostaf Juillet 2008.



Pour creuser le sujet :

La revue durable n°32 (dec. 2008 – janvier/fev. 2009)

www.larevuedurable.com
Son dossier « Biens de consommation et chimie : privilégier les filières saines » est d’une rare facture. Un gros travail d’enquête et de référencement avec notamment un tableau des substances chimiques à éviter.
Le site interactif « le flacon » :
http://leflacon.free.fr
Un peu difficile d’utilisation pour les non initiés (au début), ce site est une mine d’information sur tous les composants des cosmétiques. La fonction « recherche d’ingrédients » vous permet d’évaluer le degré de toxicité de la formulation de votre déodorant ou shampoing préféré : à tester. Et si d’ici là vous n’avez pas adopté la cosmétique biologique, c’est sur, vous y viendrez !!


NUISIBLES…
Mais encore présents dans les cosmétiques !!


Composés Organiques Volatiles (COV) :

Ils ont un  impact direct sur la santé, sont considérés comme cancérigènes et allergisants. Parmi ceux employés en cosmétique, on trouve notamment les formaldéhydes, utilisés comme conservateurs et dont une récente étude montre  que l’exposition pourrait induire des irritations des yeux, du nez et de la gorge ; parmi les COV fréquents en cosmétique, on trouve les éthers de glycol, et principalement le phénoxyéthanol présent à l’état naturel dans le thé vert et la chicorée. Ce conservateur sert aussi comme solvant, notamment pour les parabènes .Le phénoxyéthanol est un allergène reconnu, dont l’usage est restreint en Europe : concentration maximale autorisée (comme conservateur) : 1%

Paranènes (ou Parabens / Paraoxybenzoates) :
Bien qu’ils soient soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens, les parabènes sont des conservateurs couramment utilisés en cosmétiques. Ils sont efficaces contre un large éventail de bactéries et de champignons. Fabriqués à partir de l’acide benzoïque, ils sont connus pour leur pouvoir allergène provoquant des réactions cutanées. L’Europe limite leur usage à 0,4% de la composition du produit (par parabène) et à ,8% maximum en masse d’ester.

Triclosan :
C’est un composé chloré, un antibactérien à large spectre. Encore un conservateur ! On le soupçonne de rendre les bactéries résistantes aux antibiotiques et d’être un perturbateur endocrinien. Photosensibilisant, son usage est déconseillé pour les produits du visage. On trouve dans certains déodorants, parfums et dentifrices. En Europe, sa concentration maximale autorisée est de 0,3%.



 


N'est pas bio qui veut... mais qui se dit «green» ne l'est pas toujours à 100%. Décryptage de qui fait quoi à l'occasion de l'arrivée d'un nouveau label européen.

Par Sophie Goldfarb
Marie-Claire de décembre '09

Les labels français

LE PLUS CONNU Cosmébio/Ecocert.

Ce qu'il assure 95 % des ingrédients sont d'origine natu­relle. 95% des matières végétales sont bio... Au final, il garantit que le produit contient au minimum 10% d'in­grédients bio (eau comprise). Sont exclus les OGM, subs­tances issues de la pétrochimie, colorants, parfums et conser­vateurs de synthèse. Sont tolérés 5 % de produits de synthèse.
Ce qu'il faut comprendre Le produit n'est pas forcément totalement bio: 10 à 100% suivant les fabricants et le type de produits (huile, crème, tonique). Ce label a le mérite d'avoir permis l'expansion du bio en France en fixant des règles.
A noter Le label Cosmébio (environ 300 marques et fournis­seurs de matières premières), créé en 2002 par les leaders du secteur, est garanti par l'organisme indépendant Ecocert.

 


LE PLUS EXIGEANT Nature et Progrès.

Ce qu'il assure II impose le 100% naturel et bio hors ce qui ne peut être certifié (eau, minéraux, produits marins...).
Ce qu'il faut comprendre Drastique, hyper-sévère... si bien que peu de marques y adhèrent, essentiellement les puristes.
A noter Le revers du label : textures et parfums très basiques.


Les labels européens

LE PETIT NOUVEAU Cosmos.

Ce qu'il assure II reprend le label Cosmébio en faisant dans l'immédiat monter l'exigence de minima bio à 20%. Il prend en compte le développement durable en privilégiant la chimie verte et les emballages en matières recyclées.
Ce qu'il faut comprendre II tente d'harmoniser la définition du bio à travers l'Europe et, surtout, d'évoluer vers de plus en plus de bio. Il regroupe déjà un millier de marques.


LE PLUS VERT Natur.

Ce qu'il assure Créé par les leaders allemands (Weleda, Logona, Dr. Hauschka) en dissidence de Cosmos, il définit une gradation de une à trois étoiles suivant que les produits sont naturels, naturels avec des ingrédients bio, ou tout bio.
Ce qu'il faut comprendre Les marques allemandes, plus anciennes, prônent le tout naturel plus que le bio. Ce label s'en tient à une liste de 700 ingrédients autorisés.

L'eau, un élément troublant

Dans la définition stricte du bio, ne peut être certifié que ce qui est cultivé par l'homme. L'eau - simple ou purifiée -, les algues et les minéraux en sont exclus. Les deux labels Cosmébio et Cosmos sont obligés de comptabiliser l'eau présente dans le produit pour afficher le pourcentage bio. C'est tout le problème! Un baume, très riche en matières grasses - et pauvre en eau -, peut afficher un taux important. A l'inverse, un tonique visage constitué essentiellement d'eau en affichera un très faible. A savoir: les eaux florales (ou hydrolats) sont référencées bio, ce qui permet à certains fabricants de faire monter facilement le pourcentage bio d'un produit.
Télécharger la coupure de presse
 


Avec sa garantie de sérieux, le maquillage «made in pharmacy» reprend des couleurs. Et amorce le tournant du bio.



Aujourd'hui, la majorité des clientes qui fréquentent l'officine pour acheter du maquillage recherchent une solution de camouflage à leurs problèmes de peau. Les aprques Avène (Couvrance) et Vichy (Dermablend) se partagent le leadership du marché, apportant un positionnement très médical et la caution de dermatologues.

Et s'il manquait à l'officine le petit plus lui permettant de recruter de nouvelles consommatrices ? Le maquillage qui surfe sur le créneau "nature" est très porteur. Ainsi, la cosmétique bio a fait un bond de 66 % (en valeur) en 2007.

Garmade l'a bien compris en lançant la première gamme de maquillage du teint 100 % bio en pharmacie. La société cherche ainsi à répondre aux imperfections des peaux sensibles et réactives. Et çà marche. Après le succès de sa gamme visage et corps, qui a généré 5 millions d'euros de chiffre d'affaires durant l'année 2007 et une croissance de 350 %, le laboratoire propose depuis le mois dernier quatre nouveaux soins teintés (correcteur de teint, anticerne et crèmes). «Nous revendiquerons un positionnement dermocosmétique et laissons le créneau de la beauté à d'autres concurrents», tient à préciser Anne-Sophie TORTA, responsable marketing de la marque.


Des ingrédients naturels


La marque leader, Couleur Caramel, a doublé son chiffre d'affaires en 2007 (8 millions d'euros). Ce succès est orchestré par la société Nature Cos qui, depuis plus d'un an, est présente sur le circuit officinal, avec la gamme Elysambre. Sa particularité ? Pousser la démarche du développement durable à l'extrême. D'abord, les produits contiennent 100 % d'ingrédients naturels (dont certains sont bios). Ensuite, les poudres, les fards à joue et les ombres à paupières sont entièrement rechargeables.


Une démarche d' "écoconsommation"


Pourquoi avoir choisi la pharmacie pour présenter ce concept ?«Dans un circuit de conseils et de santé, nous apportons une réelle valeur ajoutée en incitant les clientes à prendre soin de leur peau, mais aussi de leur environnement», explique Cédric FERREOL, PDG de Nature.Cos. L'entreprise, qui défend bec et ongles l'«écoconsommation», s'est donné les moyens marketing de faire passer son message. Jolis boitiers en cuivre, présentations épurées, teintes à gogo; neuf types de présentoirs design, dont l'un, avec écran, diffuse un film pour expliquer les particularités de la marque... Le tout à des prix de vente plutôt nuancés (environ 26 euros le boîtier et sa recharge).

Avec une gamme qui comprend 300 références, Elysambre et son créneau «bio» ont réussi à s'imposer à l'officine. La marque compte en effet 650 dépositaires...


Témoignage



«Une gamme qui met notre rôle de conseil en avant»

«Nous voulions référencer une gamme bio parce que les clients aiment trouver en pharmacie ce type de produit plutôt qu'en supermarché, explique Céline Soula, de la pharmacie de Saint Cézaire (Nîmes). Mais nous ne voulions pas de produit marketing conçu par les grands labos pour surfer sur la vague. En outre, nous ne pouvons pas lutter avec les officines qui discountent sur le para. Nous avons choisi BIOGALENE, une gamme courte, disponible uniquement en officine et facile à conseiller. Elle met notre rôle de pharmacien conseil en avant»

LANGUEDOC ROUSSILLON,

Maquillage à label écologique



Du côté de Montpellier, le créneau du maquillage bio est aussi de mise. Depuis mai 2007, une gamme; Biogaléne, associe des formules exclusivement écologiques et biologiques à des packagings sobres pour une demi-douzaine de produit (démaquillant, cème hydratante, gamme anti-âge,et pour peaux matures) «Une gamme courte est un atout. Elle est adaptée aux pharmacies modestes ou moyennes qui peuvent la référencer sans réaliser un lourd investissement et la prendre dans sa totalité sans risque», explique Marie Héléne Mathé, la fondatrice de la gamme Biogaléne. les formules simples, à base d'extraits de plantes infusés dans de l'eau de source des Alpes, puis émulsionnés à l'huile végétale, ont été conçues par un médecin. Cette gamme labellisée «Nature et progrès», est d'ores et déjà présente dans une trentaine de pharmacies de la région Languedoc-Roussillon et qui s'essaimera bientôt en Provence Alpe-Côte d'Azur.




Le Moniteur des Pharmacies N° 2730 Cahier Mai 2008
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